• Marie Robert

Ceci n’est pas notre affaire.


Ceci n’est pas notre affaire. C’est une sensation qui raidit la colonne vertébrale. Un nœud remplissant le ventre. Parfois, c’est un mouvement de panique face à l’effort. Ou un poids sur les épaules, empêchant de les baisser. La peur de décevoir dévore l’esprit, encombre le corps. Qui ne l’a pas déjà ressentie ? Face à ses parents, face à ses professeurs, ses enfants, ses amis, ses collègues ? Ne pas être à la hauteur. L’attendu semble inatteignable. Le regard posé sur nous est valorisant, on s’enroule dans cette espérance, on se laisse happer par ce désir de séduire, on veut absolument satisfaire, répondre à l’attention qu’on nous accorde, et surtout, rendre fier. Mais il n’est pas rare que dans ce cheminement, on se perde. Qu’à force de ne considérer que ce que veut l’autre, on ne sache plus tout à fait où mettre nos pas. La peur de décevoir se situe juste là. Non pas dans nos échecs potentiels, dans nos trébuchements, mais plutôt dans le fait d’endosser un rôle qui n’est pas le nôtre ou du moins, qu’on ne parvient plus à jouer. Alors peut-être que pour se sortir de cette paralysie, de cette angoisse qui rend nos journées si lourdes, la seule possibilité est de ne plus endosser la responsabilité d’un désir qui ne nous appartient pas. Reste à accueillir les encouragements, les conseils, les remarques, sans se laisser embarquer dans un récit dont nous ne maitrisons pas les codes. Nous ne pouvons pas être ce que nous ne sommes pas. La mère parfaite, le mari idéal, l’employé modèle, l’enfant méritant, la copine adorable, le frère protecteur. Nous avons une identité mouvante, peut-être incohérente, parfois incompréhensible, mais toujours singulière. La peur de décevoir est un gouffre. Prenons de la hauteur, la hauteur de nous-mêmes. Je vous souhaite une journée où la pression est celle du sang qui pulse dans vos veines. #Bonjour#Matin#Morning#Pression#Decevoir#Peur

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