• Marie Robert

Ceci n’est pas lisse.


Ceci n’est pas lisse. Ce n’est pas grand-chose. Et d’ailleurs, bien souvent, il n’y a que nous qui l’avons remarqué. C’est un « merci » qui n’est jamais arrivé. Un commentaire maladroit. Un texto étrangement formulé. Une réflexion sur notre manière de faire. Ou même, une moquerie qui va un peu trop loin, alors qu’elle était sensée amuser l’assemblée. Pourtant, même s’il s’agit bien d’une parole insignifiante, en l’entendant, nous nous sentons « froissé ». Il y a quelque chose de très pertinent dans cette formulation. Je crois d’ailleurs que parmi toutes les expressions qui désignent les émotions, c’est l’une de celle que je préfère. « Se sentir froissé », c’est être contrarié, légèrement offensé, comme si précisément quelque chose se contractait en nous, comme si un pincement venait saisir notre corps tout entier, jusqu’à contracter nos lèvres et notre front. La formule remonte au 17e siècle, et souvent, on considère qu’il s’agit d’une forme de susceptibilité. Car pourquoi « faire une histoire » d’un « trois fois rien » ? Pourquoi s’attarder et créer un pli supplémentaire dans un monde qui n’est que complexité ? Je l’ignore, mais peut-être parce que ces marques que l’on laisse faire sur le tissu de nos vies finissent par abîmer notre toile. Peut-être parce qu’à force de laisser passer, on fragilise le lien, on touche à nos fondations, celles qui lorsqu’elles sont solides permettent aux relations de grandir, de s’affirmer, de s’élever. Alors bien sûr, on peut se taire, mais on peut aussi décider de donner de la place à nos vexations, pour les attendrir, les dissoudre, les effacer. Celui qui est en face est capable de nous écouter, est celui qui mérite de bâtir un monde avec nous. Je vous souhaite de repasser ensemble. #Bonjour

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