• Marie Robert

Ceci n’est pas le seul chemin



C’est étrange de ne pas pouvoir se serrer la main, ni de pouvoir s’embrasser. Malgré leur absolue nécessité, ces habitudes n’en sont pas encore, comme si l’absence de connexions physiques nous empêchait de rentrer en lien. Une légère gène s’installe dans nos manières. Nos corps tanguent maladroitement. Nous présentons un pied, un coude, un genou. On se justifie. On compense. On cherche à assurer que nous sommes bien là même si nous pouvons pas nous toucher. Qu’est-ce qui nous effraie dans cet espace vacant ? Qu’y-a-t’il entre deux personnes ? Entre deux respirations ? Est-ce réellement du vide ? Je ne crois pas. Notre esprit est attiré par le tangible, le concret, le bruit, la matière. Mais c’est peut-être oublier un peu vite qu’il y a autre chose : ce qui ne se voit pas. Ces lieux de silence précieux. Cet univers invisible. Cet air, lorsqu’on est face à face, qui se gorge d’énergie, de lumière, de poésie, d’amour, d’implicite. Honorons nos entre-deux. Nourrissons-les de pensées. Remplaçons nos maladresses par de la considération, par une attention accrue à cette séparation entre nous qui n’est qu’une illusion. Trouvons d’autres façons de nous lier. La tendresse d’un regard, la délicatesse d’un sourire, l’élégance d’un clin d’œil. Je vous souhaite de donner une douce richesse à nos vides. Ce sont eux qui nous protègent.

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