• Marie Robert

Ceci n’est pas impossible.


Ceci n’est pas impossible. Le bonheur. Un mot valise. Usé. Trahi. Patiné par trop d’usages. Si souvent caricaturé. Une promesse illusoire, factice et facile. C’est étrange comme la perspective d’être heureux est un graal paralysant. L’horizon incontournable de notre existence en même temps que son gouffre. Combien sommes-nous à fuir le bonheur pour éviter qu’il se dilue dans nos peurs, qu’il s’abîme sur le récif de nos échecs et de nos doutes ? Combien de fois nous sommes-nous sabordés pour éviter l’amertume de sa disparition ? Afin de sortir de cette impasse, peut-être faut-il repenser le « bonheur » et le regarder à travers le prisme proposé par Aristote. Dans l’Ethique à Nicomaque, le philosophe grec nous rappelle que tout ce qui est, c’est-à-dire, les vivants, les non-vivants, et toutes les espèces, tendent vers la même chose : la réalisation de tous leurs potentiels, l’accomplissement de ce qui est d’ores et déjà en puissance. Le bonheur chez Aristote, n’est pas une consommation, une espérance, une dépendance, il s’agit seulement pour chaque être humain de s’accomplir, de trouver sa juste place. Le bonheur n’est pas un idéal que nous désirons à l’infini, il est ce que nous atteignons, et ce qui apaise tous nos désirs, quand nous savons être pleinement ce que nous sommes déjà. C’est à cet instant que la morale et le bonheur se mêlent, car être vertueux, ce n’est pas s’arracher à sa nature, c’est plutôt être le meilleur en son genre. Dans le cosmos grec, chaque être possède sa place et c’est en la trouvant que le bonheur nous submerge, et que nous avançons, sans redouter les aléas, sans nostalgie du passé. Qu’importe ce que nous sommes, pourvu que nous le soyons pleinement. Je vous souhaite de prendre soin de vous et d’en savourer le goût. #Bonjour#Matin#Morning#Bonheur#Lundi#Monday#JustePlace#InèsSastre

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