• Marie Robert

Ceci n’est pas habituel.


Ceci n’est pas habituel. Il y a quelque chose qui m’émeut beaucoup, vraiment beaucoup, ce sont les parents qui galèrent, parce que pour un tas de raisons, leur enfant peine à rejoindre les normes nécessaires sur lesquelles nous avons construit nos institutions. Je les vois, à bout de force, naviguer d’explications en rendez-vous, de dossiers médicaux en justifications, de spécialistes en thérapeutes, essayant de combler, d’aider, d’accompagner, d’aiguiller, de décortiquer. Devant chaque interlocuteur, il faut encore et encore, mettre en mot son histoire. Affronter le regard et se détourner des jugements silencieux. Le plus vertigineux dans tout cela est que ces parents se voient obliger d’épouser une mission à laquelle personne n’est préparé. Ni eux, ni les professeurs. Ils doivent avancer à pas de loups dans un singulier labyrinthe, où s’entrechoquent conseils contradictoires, procédures insensées et méconnaissance circonstanciée. Je ne parle pas ici d’insolence en classe ou de notes en bernes dans un bulletin. Ce que j’évoque, c’est le curieux chaos qui éreinte lorsque rien ne fonctionne comme prévu. Ce que l’on nomme pudiquement « différence » est une notion princière, jusqu’à ce qu’on doive la vivre dans son quotidien. Il n’y a dans mes modestes phrases aucune morale à la clé, et bien pire encore, il n’y a pas la moindre solution. Je n’ai rien d’autre à offrir que mon soutien infini. Et la conviction que ce chemin, aussi laborieux soit-il, vaut la peine. Le regard de confiance porté sur un enfant est le plus grand cadeau qu’on puisse lui faire. Croire en lui, c’est donner la possibilité de s’élever, de s’étendre, d’oser. Être « différent » n’est rien d’autre qu’une manière d’interroger les modes de pensées et de représentations. Or, c’est en étant capable de questionner la norme qu’on peut la faire évoluer et avancer. Alors oui, c’est dur, oui il faut de l’aide, des renforts, des ressources, du courage, mais que serait notre société sans des figures pour la bousculer. Je vous souhaite, ainsi qu’à vos enfants, la confiance en des lendemains heureux. #Bonjour Olga Puchenka.

24Dominique Robert, Amanda Ché Tag et 22 autres personnes

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