• Marie Robert

Ceci n’est pas fini.


Ceci n’est pas fini. Le week-end dernier, j’étais au Salon du Livre de Colmar, et je m’interrogeais sur cette étrange pratique qui consiste à rester derrière une table, en espérant fébrilement, que les lecteurs viennent donner vie à notre travail. En y réfléchissant, j’ai été envahie par un curieux sentiment de tendresse, car j’ai mesuré à quel point on avait peur que plus personne ne vienne jamais saisir nos livres. Et au fond je crois que c’est pareil dans toutes les sphères de la vie. Combien de temps passons-nous habité par la peur que « tout » s’arrête ? Par la crainte que l’amour s’éteigne ? Que la santé bascule ? Que le succès devienne déclin ? Que le gain se transforme en perte ? Que la vie s’en aille ? D’aussi loin que je m’en souvienne, dès que j’avais une bonne note à l’école, je pensais avec angoisse à la suivante qui peut-être ne serait pas aussi excellente. Alors bien sûr, les années m’ont aidé à cheminer, à décortiquer, à honorer l’instant, à profiter, et à sortir de ces odieux systèmes de rétribution et de reconnaissance chiffrée, mais quoiqu’on en dise, il demeure ce spectre confrontant de la lumière qui s’éteint. Comment projeter, agir, s’engager, sans redouter la fin ? Je l’ignore vraiment. Alors pour adoucir cette idée, pour l’apprivoiser, je pense à ce temps de « l’Avent » dans lequel nous sommes actuellement. Le terme vient du latin « adventus » qui signifie « avènement » en référence à la venue du Christ parmi des hommes. Mais bien au-delà de la symbolique religieuse qui s’est estompée, l’Avent est devenu ce moment singulier, une attente qui nous mène vers la fin d’année, au cœur de l’hiver, de l’ombre, dans la quête de notre lumière intérieure. Au bout de la nuit, il n’y a pas de nuit, mais l’aurore. Au bout de l’hiver, il n’y a pas d’hiver, mais le printemps. Au bout de la mort, il n’y a pas la mort, mais la vie. Au bout du désespoir, il n’y a pas le désespoir, mais l’Espérance. C’est peut-être dans cet apprentissage que réside la précieuse transmission de l’Avent. Quand tout s’arrête, alors tout peut recommencer. Je vous souhaite la beauté des aubes. #Bonjour

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