• Marie Robert

Ceci n’est pas fini.


C’est comme si le romantisme c’était usé de lui-même. Comme s’il s’était consumé par trop d’usages, de consommations kitsch, de couchers soleil un peu faciles et de trahisons répétées. C’est comme si nous étions condamnés à des mœurs désenchantées et que tout cela ne pouvait être que ridicule. Une fièvre surannée. Une exaltation de la langue et de l’imagination. Une soumission du cœur, désormais limitée aux manuels de philosophie et de littérature. Né au 19e siècle, pour exprimer les errances d’une intériorité délicate et nostalgique, le romantisme est-il définitivement mort ? Ode à l’amour et à son impossible toujours, peut-être faut-il parfois oser le ressusciter. Alors, s'il n'y avait plus qu'un jour, s'il fallait écouter un dernier morceau de musique, si la nuit était sans lendemain, si partager ses spaghetti était une obligation, si la seule chose à faire était de sourire, s'il restait une dernière page à lire, si le train partait, si Orphée allait caresser Eurydice, si écrire se faisait à même la peau, si la forêt s'offrait déserte, si l'on remettait le diamant au début du disque, si le silence s'enfilait comme une paire de gants, s'il fallait la force d'un ultime projet, si rire était une impérieuse nécessité, s'il y avait un échec à accepter, s'il devenait urgent de se perdre, si respirer était un luxe, s'il n'y avait plus qu'un seul texte à murmurer, et même si tout cela ne restait pour longtemps qu'une vague possibilité, avec qui voudrions-nous le partager ? Je vous souhaite une journée d’amour.

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