• Marie Robert

Ceci n’est pas figé.


Ceci n’est pas figé. Lorsque je me promène sur Instagram, je suis toujours surprise par le nombre de publications traitant, de près ou de loin, de la question du bonheur. Dans le monde occidental, pour les plus chanceux d’entre nous, la perspective d’être heureux est ce qui conditionne nos choix d’amour, de lieux d’habitation, de travail, de vacances, en somme de vie. Le bonheur est une quête, et devient presque l’objet d’une pression, ou d’un dû. Le droit d’être heureux et libre est la valeur ultime de nos rêves comme dans la chanson d’Orelsan : « Rêve mieux, mieux que l’argent, mieux que le pouvoir, mieux que les deux, rêve d’être heureux ». Nos existences seraient donc réparties entre ces deux instances, deux modalités opposées : être heureux ou malheureux. Je fais partie des êtres mitigés qui vivent dans l’entre-deux, capables d’un joyeux désespoir, d’une angoisse paralysante et d’une gratitude infinie, alors évidemment, réfléchir au bonheur me passionne, car bien souvent, ce terme est un mot valise, patiné par trop d’usages. Combien sommes-nous à fuir le bonheur pour éviter qu’il se dilue dans nos peurs, qu’il s’abîme sur le récif de nos échecs et de nos doutes ? Combien de fois nous sommes-nous sabordés pour empêcher l’amertume de sa disparition ? Afin de sortir de cette impasse, peut-être faut-il repenser le « bonheur » et le regarder à travers d’autres prismes comme par exemple, celui proposé par Aristote. Dans l’Ethique à Nicomaque, le bonheur n’est pas présenté comme une consommation, il s’agit seulement pour chaque être humain de s’accomplir, de trouver sa juste place. Le bonheur n’est pas un idéal que nous désirons à l’infini, il est ce que nous atteignons, et ce qui apaise tous nos désirs, quand nous savons être pleinement ce que nous sommes déjà. Dans le cosmos grec, chaque être possède sa place et c’est en la trouvant que le bonheur nous submerge, et que nous avançons, sans redouter les aléas, sans nostalgie du passé. C’est ce que je vais explorer dans mon cours des Mardis de Marie la semaine prochaine et que j’avais envie de partager ce matin. Je vous souhaite de prendre soin de vous et d’en savourer le goût. #Bonjour

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