• Marie Robert

Ceci n’est pas figé.


Ceci n’est pas figé. Il y a cette idée curieuse selon laquelle l’interprétation serait dangereuse. Qu’il faudrait se contenter de saisir un sens premier, transparent, littéral. Qu’il faudrait se tenir à distance pour éviter les contre-sens. Est-ce possible ? Mais surtout, est-ce souhaitable ? Que se passe-t-il lorsqu’on lit ne serait-ce qu’un texto ? Lorsque les mots parviennent à nos yeux, à nos oreilles, à notre cœur ? Que se passe-il lorsqu’on ressent, qu’on touche, qu’on caresse, qu’on goûte ? On interprète. On explore. On tente de comprendre ce qu’il se passe en nous. On chemine à travers des hypothèses. A l’aveugle. Pleinement attentif. Concentré sur les différentes possibilités. On renonce au « je pense donc je suis », pour n’être qu’un « j’interprète donc je deviens ». Toute la tradition philosophique, littéraire, théologique, repose sur ces tentatives. Chaque individu propose un regard. Et cette pratique se retrouve dans notre vie quotidienne. Notre peau, notre âme, nos émotions, sont plongées au cœur du temps mouvant, dans une ambiguïté permanente. La sensualité de la rencontre, qu’il s’agisse d’une rencontre avec un texte ou avec un individu, vient aussi de notre capacité à le découvrir à tâtons, en l’effleurant, en préservant son mystère, en lui laissant la liberté de ses multiples sens. Loin d’une compréhension brute et aseptisée. Je ne crois pas que respecter l’autre consiste à prendre ses propos au premier degré. Au contraire, j’ai l’espoir que l’amour soit un espace ouvert et intriguant. Un espace où l’imagination puisse chaque jour nous porter vers l’émerveillement. Je vous souhaite une journée d’aventures et de découvertes, pris dans la beauté des pages et des corps. #Bonjour#Matin#Morning

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