• Marie Robert

Ceci n’est pas englouti



Notre vie à tous est un roman s’écrivant dans notre rétine. Avec des personnages principaux, d’autres secondaires, des intrigues résolues, certaines en suspens. De temps en temps, on constate que notre histoire répète étrangement celle de notre mère, de notre père, ou peut-être celle de notre grand-tante. Répétitions, coïncidences, dates fondatrices, autant d’épisodes singuliers, qui mettent en relief la complexité de nos liens. Car chacun d’entre nous participe à la chaîne des générations, et paye, parfois inconsciemment, les dettes du passé. Tant que nous n’avons pas effacé l’ardoise, une loyauté invisible nous pousse, que nous le voulions ou non, que nous le sachions ou non, à reproduire des situations, des schémas, des traumatismes. Favorisés, défavorisés, enfants prodigues, mère trahie, père abandonné, sœur décédée, famille déclassée, parents divorcés, oncle adultère, secrets de naissance… Les motifs sont nombreux pour suffoquer. Ainsi que l’écrit Tolstoï : « Toutes les familles heureuses le sont de la même manière, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon ». Cela ne signifie pas qu’il faille tirer un trait sur nos proches, encore moins que nous soyons privés de liberté, mais cela suppose plutôt qu’afin de retrouver notre souffle et faire de notre roman intime un inédit, il est précieux de prêter une oreille attentive à ce non-exprimé. Je vous souhaite une journée aussi limpide qu’une page blanche. / A lire – Aïe, mes aïeux ! de Anne Ancelin Schützenberger.

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