• Marie Robert

Ceci n’est pas en béton armé.


Ceci n’est pas en béton armé. Cette semaine, j’ai eu l’occasion de faire une intervention sur la question de l’estime de soi et sur notre difficulté à nous attribuer une valeur positive. Pour ma part, c’est un combat de longue haleine, je suis donc assez bien placée pour percevoir la perversité des mécanismes. Septembre 2007, j’ai déjà une licence de philosophie, mais je n’ose pas m’inscrire en master d’épistémologie, paralysée à l’idée d’étudier des matières plus scientifiques, en particulier la logique. Tout le monde autour de moi me semble plus intelligent, plus travailleur et plus doué. Je trouve leur argumentation remarquable, autant que leur culture. J’ai beau constater mes notes, j’ai beau rationnellement connaître mes capacités d’analyse, mon esprit butte sur un impossible. Je ne « m’estime pas assez » pour viser un tel parcours. Nous sommes nombreux dans ce cas. C’est assez prodigieux le nombre de choses que l’on s’interdit parce que nous croyons que cette foutue « valeur » nous fait défaut. C’est un t-shirt qu’on ose pas porter par crainte du ridicule. C’est un amoureux qu’on laisse parce qu’il est trop bien pour nous. C’est une réunion où l’on permet aux autres de briller sans jamais prendre la parole. Nos journées s’articulent autour de barrières, créées uniquement par notre cerveau. Ce sont des dialogues internes que l’on nomme « croyances limitantes » et dont l’impact sur nos vies mérite que l’on s’y arrête. Car à force de mettre des remparts, on étouffe, on se cogne à nos murs, et nos bleus sont plus douloureux qu’un possible échec. C’est à cause de ces plafonds que nos vies ne sont pas les nôtres, que les frustrations surgissent et que les aigreurs naissent dans notre ventre. Décortiquer nos croyances, c’est conférer à nos existences la valeur qu’elles méritent. Que nous méritons absolument tous. Cette année-là, j’ai fini par m’inscrire en master, et à chaque fois que je me dévalorise, je repense à ce mois de septembre qui m’a mené jusque-là. « Le vent se lève, il faut tenter de vivre » - Paul Valery. Je vous souhaite de repousser murs et de vous rappeler que vous êtes un trésor inestimable. #Bonjour @lizcollinsphotographer

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