• Marie Robert

Ceci n’est pas descriptible.


Ceci n’est pas descriptible. Je me suis posée la question toute la semaine. J’ai observé le sujet sous toutes ses facettes. Qu’est-ce qu’on appelle un « vrai » ami ? Pas un copain, pas une connaissance, pas quelqu’un qu’on voit. Non, l’ami, le véritable ami. Qu’est-ce que suppose cet étrange titre ? Est-ce un statut, une charge, un poids, ou la simple marque du vécu ? Est-ce que le « véritable ami » est celui avec qui on sort en boite de nuit ? Celui dont on rit à toutes les blagues ? Celui avec qui on mange des pâtes ou celui avec qui on prévoit des vacances au ski ? Est-ce qu’un « véritable ami » connait nos parents et sait qu’on était inscrit à l’escrime lorsqu’on était enfant ? Est-ce qu’il devine nos yeux vagues et nos secrets inavouables ? Ou est-ce qu’il nous alerte sur nos compromissions ? Est-ce qu’il écrit chaque jour ou se manifeste seulement lorsque ça tangue ? Est-ce qu’il soutient ou bouscule ? Est-ce qu’il accepte ou est-ce qu’il tranche ? Est-ce qu’il doit deviner les errances ou est-ce celui à qui on les livre ? Est-ce une oreille ou une bouche ? Est-ce une épaule ou une main ? Je n’en sais rien, mais je sais que ce matin, la lueur est particulière, et que dans cette aube teintée de gris, je pense à toutes les choses instables qui composent notre existence, à tous les tiraillements, à toutes les erreurs, à tous les coups de poignards et les coups de mous, aux virages abrupts et aux monstres sous le lit. Je pense à toutes les défaites que contiennent les succès, à tous les inévitables, aux appels qu’on ne veut jamais recevoir, aux victoires qui se partagent, aux couloirs d’hôpitaux et aux salles des fêtes, aux mauvais chemins pour trouver les bonnes routes, aux cicatrices et aux débordements, aux plages ensoleillées et aux road-trip interminables. Et je me dis que le véritable ami est sans doute celui qui parvient à s’accorder à tout cela, et dont la présence est une attente qui se renouvèle sans cesse. « Attendre l'autre c'est déjà partager quelque chose » - Joncour. Aux inconditionnels qui se faufilent dans le kaléidoscope de nos existences. Je nous souhaite d’attendre nos amis. #Bonjour

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