• Marie Robert

Ceci n’est pas de trop.


Il y a cette expression qui flotte si souvent dans l’air. Il faudrait dit-on « revenir à l’essentiel », se détacher du futile, de l’accessoire, du superflu et ne se concentrer que sur l’important. Une posture salvatrice pour une société qui ne sait plus quel est son nom et qui si souvent se disperse. Oui mais voilà, à peine mentionné et déjà les doutes surgissent. Quelle est cet « important » qui devance tout ? Qu’est-ce qui est essentiel ? Et surtout, qu’est-ce qui ne l’est pas ? Vertigineuses questions. Cloisonnement impossible. Faut-il, pour atteindre l’épanouissement, ne faire que manger, dormir et respirer ? Honorer uniquement nos besoins vitaux ? Quid de tous nos chemins de traverse ? De nos pertes de temps qui n’en sont peut-être pas ? De nos plaisirs inutiles ? De nos bavardages inconséquents ? De l’art qui nous chavire ? De ces lectures qui nous emportent ? De ces habits qui nous racontent ? De ces tocades qui nous comblent ? De toutes ces manies, qui n’engagent pas notre vie, mais qui pourtant, la rendent lumineuse, curieuse, intense, douce et surtout, inoubliable ? N’est-ce pas dans l’inessentiel qu’ont lieu les rencontres et les découvertes ? Dans cet inattendu que l’on s’autorise ? Dans ce fructueux papillonnage ? Peut-être que l’essentiel ne doit pas être compris comme une austère évidence, mais plutôt comme ce qui compte pour nous. Ne pas consommer sans raison mais saisir ce qui active nos cœurs et fait palpiter nos âmes. Ce qui, au fond, réveille notre amour. Je vous souhaite une journée d’indispensables futilités.

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