• Marie Robert

Ceci n’est pas certifié conforme.


Ceci n’est pas certifié conforme. S’il y a quelque chose que j’aime par-dessus tout dans la vie, ce sont les histoires. Les ordinaires autant que les grandioses. Comme par exemple celle de la sportive belge Mieke Gorissen, qui habite mon esprit depuis plusieurs jours. Pour la comprendre, il faut savoir que cet été, les deux tiers des 11 700 athlètes qui ont participé aux JO de Tokyo avaient une vingtaine d’années environ. Jusqu’à cette sélection mémorable, leur vie entière avait été placée sous le signe de la compétition. Entrainements à l’aube dès l’enfance, week-end sacrifiés pour gagner des trophées régionaux, puis la longue ascension vers l’excellence, faite d’efforts, de courage, de blessures et de soirs de triomphe. Mais Mieke Gorissen, elle, a eu une existence qui collait pas du tout à ce schéma. Agée de 38 ans, elle était, jusqu’à l’année dernière, une enseignante en physique et mathématiques qui aimait faire de la course à pieds, et dont la discipline lui permettait d’avoir un excellent niveau. Puis, il y a quelques mois, elle a couru le marathon d’Enschede, « pour voir si c’était dans [ses] cordes ». Et elle a fait un temps suffisamment bon pour se qualifier aux Jeux olympiques. Ce genre de récit me fascine, non seulement parce qu’il souligne que tout est possible et que la vie est plus surprenante que nous, mais surtout, parce qu’il rappelle une évidence : les cases servent à en sortir et les schémas servent à être rompus. Peut-être qu’en lisant, vous avez l’impression d’une terrible banalité, pourtant, lorsqu’on s’arrête un instant sur cette idée, elle contient quelque chose d’extrêmement libérateur. Combien sommes-nous à être des Mieke ? Combien sommes-nous à avoir des parcours singuliers ? Des existences, des métiers, des couples, des familles, des rêves atypiques ? Combien sommes-nous à ne pas avoir respecté les étapes, les normes, les voies royales ? Combien sommes-nous à avoir des profils inclassables ? Combien sommes-nous à avoir entendu que nous étions « trop » ou « pas assez » ? Les choses sont impossibles jusqu’à ce qu’on les réalise. Je vous souhaite d’aller faire de la course à pied. #Bonjour

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