• Marie Robert

Ceci n’est pas ce que vous croyez



Nous sommes dans la nuit du 16 juin 1816. L’éruption d’un volcan indonésien l’année précédente, ne cesse d’encombrer l’air d’une étrange moiteur, laissant le ciel couvert et orageux. Quelques amis sont réunis dans la sublime Villa Diodati à Cologny, en Suisse, sur un coteau dominant le Lac Léman. Il y a l’écrivain Lord Byron, entouré de son banquier Hentsch, et de son médecin, John Polidori. Mais il y a aussi le jeune poète Shelley, accompagné de sa deuxième femme Mary, qui a tout juste 19 ans, et de la demi-sœur de celle-ci Claire Clairmont, maîtresse de Byron. Les Shelley logent dans une maison en contrebas, au bord de l’eau. L’atmosphère est si oisive que l’on s’ennuie, tous semblent engourdis par le climat qui contraint les déplacements et réduit l’entrain. La soirée s’étire, on lit des contes d’épouvantes pour passer le temps. Soudain, Lord Byron décide de ranimer les convives en leur proposant un concours littéraire. La consigne est simple, il s’agit à leur tour d’écrire une histoire de fantômes. Ou plutôt, une histoire à faire peur. Les idées fusent, plus que les mots couchés sur le papier. Byron comme Shelley, n’écriront finalement rien. Mais c’est de cette curieuse compétition que naîtra « Frankenstein ou le Prométhée moderne » imaginé par Mary, et la nouvelle « Le Vampire », pensé par Polidori. Il leur faudra des semaines pour travailler la structure narrative et donner un souffle à leurs personnages, mais c’est bien ce soir-là, dans la langueur d’un jour de pluie, qu’ont été dessiné ces deux figures majeures de la littérature. Interrogeant les contours de la monstruosité et ceux de l’immortalité, ils ne cesseront d’être réinterprété. De quoi donner envie de partir en Suisse.

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