• Marie Robert

Ceci n’est pas balisé.


Ceci n’est pas balisé. On y va. Un pied après l’autre. On escalade avec abnégation. Sans interroger les distances. Sans même prendre la peine de regarder le vide qui surgit en dessous de nous. On avance. Parce qu’il faut. Parce ce qu’en bas, quelqu’un espère que nous soyons capable d’arriver tout là-haut. Capable, de déplacer cette montagne, d’en déjouer l’immobilité, d’en effacer l’aridité, pour n’y voir que le triomphe. Alors on continue, oubliant la fatigue et les sacrifices. Les mains rouges d’effort, on remue la terre, on balaye le ciel. On demeure sans cesse suspendu à l’espoir de ces yeux posés sur nous. Et puis un jour, sans qu’on saisisse tout à fait pourquoi, en haut de cette montagne, on se demande ce qu’on fait là, et si cet horizon est bien le nôtre ou celui de la personne qui nous a conduit à être là. Combien de fois dans notre vie avons porté le rêve des autres par devoir, par tendresse, par peur de décevoir ? Quels sont ces sommets gravis sans comprendre que l’ascension ne nous concernait pas ? Nos parents, nos enfants, nos collègues, nos amis, nos entraineurs, nos professeurs, etc., qui sont ces figures, qui souvent par amour, nous poussent à adopter un chemin qui ne nous engage en rien ? La question n’est pas celle du regret, encore moins celle de l’aigreur. On fait toujours ce qu’on croit être nécessaire, aussi fugace soit notre conviction. Peut-être que l’enjeu est plutôt de saisir quel paysage nous voulons réellement explorer, traverser, conquérir, et ensuite d’apprendre à le dire. Sans perte, ni fracas, mais avec la puissance qu’offre le discernement. Sans doute, la seule issue pour rétablir l’intimité de nos cartographies, car à force d’incarner ce que l’autre projette, au bout du compte, personne ne le vit. Je vous souhaite une vue à votre hauteur, une vue voulue et choisie. #Bonjour#Matin#Morning#Rêve#Jeudi


23 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout