• Marie Robert

Ceci n’a pas besoin de béquille



Il y a quelques jours, Elodie Garamond me racontait le jeu favori auquel elle s’adonnait avec son grand-père lorsqu’elle était enfant. Il s’agissait de repérer quels étaient les tics de langage des individus. Ces phrases toutes faites dans lesquelles on s’enrobe, ces béquilles de mots sur lesquelles on s’appuie pour ne pas dire, pour ne pas se dire, pour ne pas affronter. « Ce n’est pas le débat », « Enfin ça on sait », « Non mais oui »...etc. Plus qu’un défaut d’usage, ce sont de curieux îlots qui ponctuent la cartographie des échanges. Un refus du dialogue par peur d’affronter ce qui va en sortir. Une pudeur face au logos. Une volonté de naviguer en surface pour ne pas se laisser happer par les émotions. Combien de fois évitons-nous la parole ? Mais au fond quel est le risque ? Avons-nous réellement besoin de ces cannes pour nous tenir droit devant l’autre ? Le langage nous construit. Braver nos craintes, c’est s’apercevoir qu’autrui est prêt, bien plus qu’on ne le pense, à nous entendre.

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