• Marie Robert

Ceci est une union.


« Que reste-t-il de nous à l’aube de nos oublis ? Il y eut un jour. Il y eut un matin. Je regarde passer mon siècle. Je fixe la pénombre de ma mémoire gelée. Ou étions-nous allés ? Je me souviens de ton voile, si long qu’il flirtait avec tes talons. Je vois le vide traverser mes paupières qui n’ont plus à être closes. Où es-tu ? Pourquoi mets-tu tant de temps à te préparer ? Encore un geste, encore un pas. Je m’impatiente. Reviens, voyons, reviens, tout le monde t’attend. Le destin presse. Plus de mots pour martyriser mon cœur, plus de gestes pour brûler les nervures de ma peau. Enfin, où es-tu ? Que sommes-nous devenus ? Le vent ensevelit le rêve de nos jours, le rêve de nos nuits. Regarde, les enfants sont là, les invités s’avancent. Que fais-tu ? Reviens, je t’en prie. La symphonie commence. Penche-toi un plus près, donne-moi ton odeur. Regarde comme nous brillons. Ou es-tu ? J’entends la rumeur des heures qui s’égrènent dans nos ruines. Je t’adresse des indicibles aux confins de nos symétries invisibles. Pourquoi ne viens-tu pas ? Le désir n’est-il pas suffisant ? Tout est déjà absout, tout est déjà pardonné. Ta robe va virevolter à notre cadence. Ou es-tu ? Je suis là. Je t’attends. Mon amour, je ne me souviens plus, j’ai tout oublié. Au néant, je réponds par la douceur d’un monde mythique. Prends place, le photographe va nous rejoindre. Viens. Notre beauté sera insolente. Reviens-moi. On en fera une histoire. Et elle se propagera. » - Des unions. Ces quelques mots sont une variation sur l’absence que j’ai eu le savoureux luxe d’écrire pour mon amie @liarochasparis et sa maison d’éditions @partiesprises. Une variation sur ce qui a été et n’est plus. Une variation sur ce qui nous fonde, et nous habite, au-delà du vide. Je vous souhaite une journée d’amour, et les mots pour le dire avant que le temps estompe nos visages.

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