• Marie Robert

Ceci est une traversée.

Ceci est une traversée. Cette nuit, je me suis réveillée brusquement et une image m’est venue en tête. Ou plus exactement, du souvenir d’une scène que j’avais aperçu cet été, sur la plage. Il s’agissait d’un petit garçon et de sa maman au bord de l’eau. Ce jour-là, la Méditerranée était plus agitée que d’habitude et les vagues claquaient en arrivant sur le sable. L’enfant avait particulièrement envie de se baigner. Depuis ma place, je percevais l’ampleur de son excitation, son envie farouche d’enfin jouir de sa baignade. Pourtant, une fois parvenu tout au bord, à un orteil de son désir, il prit peur, impressionné par le bruit des flots, leur mouvement, l’intensité du courant qui lui paraissait sans doute plus grande que lui. Il resta là quelques instants, sans parler, ni bouger, pétris de frustration et d’émotions mêlées. Je retenais mon souffle, incapable de décrocher mon regard. Au bout de quelques minutes, il saisit très fort la main de sa maman, agrippant ses doigts de ses deux paumes. Celle-ci le regarda paisiblement, et avec une douceur infinie, lui demanda simplement s’il voulait y aller. D’une toute petite voix, il répondit « oui, oui, j’en ai très envie ». Alors main dans la main, à pas de loup, ils commencèrent à franchir le ressac. L’appréhension du garçon se dissipa peu à peu pour laisser place au plaisir de l’eau, à la liberté souveraine offerte par le liquide. Au fur et à mesure, plus rien n’exista hormis leurs rires et leurs roulades de joie. Evidemment, en repensant à cet épisode, en plein milieu de ma nuit, je me suis dit que nous étions souvent, très souvent, semblables à cet enfant au bord de l’eau. Nos envies se laissent submergées par la peur. Nous sommes envahis par des craintes qui nous dépassent. Nous avons beau être préparé, courageux, solide, et convaincu que nous voulons y aller, nous n’y arrivons pas. Ce n’est pas de la lâcheté, encore moins de la faiblesse, c’est juste que nous avons besoin d’aide. Nous avons besoin d’une main à laquelle nous agripper. D’une main avec qui franchir le ressac. Je vous souhaite de trouver la maman ou les individus qui sauront plonger avec vous, et je vous souhaite de savoir tendre les vôtres. #Bonjour


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