• Marie Robert

Ceci est une toile.


Ceci est une toile. A quoi rêve-t-on ? Ou plutôt de quoi rêve-t-on ? Quelles sont les images, les situations, les ambitions, les interdits qui viennent, ces derniers jours, habiter notre sommeil paradoxal ? Nous rêvons tous. Certains s’en souviennent, d’autres non. Les uns ont des phases de rêveries très courtes, tandis que d’autres peuvent se perdre dans les détails. Mais quel que soit notre profil de dormeur, le rêve tient une place privilégiée dans nos espaces nocturnes. Y prêter attention, les déposer dans notre conscient, suppose que l’on ne plonge pas immédiatement dans notre journée, mais au contraire, qu’on laisse l’atmosphère ouatée de la nuit nous délivrer son message. Car voilà tout l’enjeu de nos songes, nous donner accès à ce quelque chose qui nous échappe, à cette poussière qui renonce à l’oubli, à ce grain sable qui refuse d’être emporté par le vent. On associe souvent l’interprétation des rêves au travail de Freud, mais bien avant ces textes, il existait déjà de nombreuses cultures où le rêve était interprété non pas individuellement mais bien collectivement. Dans l’Egypte antique, les rêves étaient consignés sous forme de hiéroglyphes. Dans les traditions maoris et aborigènes d’Australie, les rêves les plus intenses étaient perçus comme un moyen de transmettre des indications, qu’il s’agisse de l’emplacement d’une source d’eau ou de nourriture. Chez les mayas, le partage des rêves entre des individus d’une même communauté permettaient de tisser des liens, de donner accès à une intimité. Idem aujourd’hui, en Malaisie, où raconter ses rêves sous forme de chants offrent aux uns et aux autres la possibilité d’affronter leurs angoisses, de les exorciser en commun. La liste de ces pratiques est immense, mais l’ambition est identique : allez puiser dans la nuit ce qui peut éclairer le jour. Entendre le souffle de nos désirs les plus profonds et les tisser en commun, dévoiler pour se rapprocher. « Le rêve ne dit pas ce qui va arriver, il inaugure un chemin autre. Si je ne rêve pas, je n’ai pas de lieu en moi où puisse s’espérer le temps » - A. Dufourmantelle. Je vous souhaite un matin aussi doux que votre nuit. #Bonjour Credit : Mario Sorrenti.

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