• Marie Robert

Ceci est une tentation à laquelle résister



La parenthèse se referme. Et avec elle, son lot d’excès, d’ivresse, d’émotions confuses, de rêveries. Le temps suspendu des fêtes se dissipe. Les heures reprennent leur cadre. L’humeur se balance entre le soulagement de revenir au quotidien, libre de toutes célébrations, et la nostalgie de ce qui n’est déjà plus qu’un souvenir. Dans ce mois de janvier, un risque palpable rôde autour de nous. Celui de vouloir consommer l’année en un seul souffle. Répondre à tous les vœux, caler mille rendez-vous, honorer ses résolutions aussi illusoires soient-elles, rattraper les dossiers laissés en sommeil, prévoir des réunions, se remettre aux normes de l’urgence, de l’école, des contraintes, des réalités. Faire, ranger, s’activer, affronter,...etc, comme si la vitesse reprenait ses droits, l’accélération son impérieuse exigence. Mais dans cette euphorie de commencements, peut-être faut-il résister et voler quelques éclats de langueur. S’emparer de précieuses minutes qui ne seront ni pour les paquets, ni pour la famille, ni pour le chapon, ni pour le travail. Mais pour soi. Fuguer, même brièvement. Ignorer le bruit du monde. Laisser la sauvagerie nous habiter encore un instant. Plonger dans un temps de neige. Même imaginaire. L’atmosphère ouatée des steppes glacées. Le craquement sous les pieds. Attentif au silence. Je vous souhaite à tous, une journée de refuge et de flocons.

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