• Marie Robert

Ceci est une table au soleil.


Ceci est une table au soleil. Je me demande tout le temps d’où viennent les idées. Et il va de soi que je n’ai pas de réponse. Bien sûr, il y a les obsessions. Ces rochers qui trônent au milieu de nos neurones et qui ne nous quittent pas. Ce sont les thèmes récurrents, les pensées tracassantes, les références cultes, des paroles inoubliables. On s’est tellement construit avec, qu’ils constituent une part entière de notre identité. Écrire tous les jours, comme je le fais ici, permet particulièrement de s’en apercevoir. Si je m’écoutais, je parlerais chaque jour de l’angoisse, de la vie, de la mort, des tentatives entre les deux, du cinéma italien, d’Anne Dufourmantelle, de la série « The soprano », de politique, de l’odeur de la pluie avant qu’elle tombe, de l’importance de l’action, et surtout, d’amour. Je radoterais à l’infini, polissant mes rochers jusqu’à ce qu’ils deviennent des cailloux. Mais heureusement pour nous tous, il y a également les idées fulgurantes. Ces éclairs d’eurêka, ces « mais oui bien sûr » qui tout à coup, nous offrent la fluidité qu’il manquait à notre monde. Elles viennent d’un arrière-plan, de la puissance d’un cerveau qui ne s’arrête jamais de manier et de réagencer. On ne peut pas le contrôler, mais on peut lui donner le repos nécessaire à ce labeur de fond. Et puis, il y a aussi tout le reste, ces idées que l’on fabrique en sortant de nous-mêmes, en devenant des espions du quotidien. On les tisse en allant au-devant de quelque chose qui n’est pas nous. On leur donne naissance en écoutant des conversations au café, à la gare, en salle d’attente, dans le métro. On les malaxe en observant les gens, en tendant l’oreille, en regardant comment ils s’habillent, comment ils bougent, et en essayant de deviner ce que peut contenir leur boîte crânienne. Au fond, j’ai la conviction qu’on agrandit notre monde en le regardant, et que c’est ainsi qu’on rencontre des idées nouvelles. En contemplant la nature, en étudiant les mécanismes, en absorbant ce qu’il y a autour. Alors les images persistent et créent d’autres qui deviendront peut-être à leur tour des obsessions. Je vous souhaite d’ouvrir grand les yeux, tout nous attend. #Bonjour

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