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  • Marie Robert

Ceci est une symphonie.

Ceci est une symphonie. A l’instant où j’écris ces mots, j’entends un son étrange de l’autre côté de ma fenêtre, un pépiement répétitif, signe que l’aube est bien là. Je connais le bruit des voitures qui freinent au feu, en revanche, je suis incapable de reconnaître le chant des oiseaux, mais j’apprends depuis quelques temps déjà, a écouter la bande-son de la nature. C’est curieux d’imaginer l’orchestre de la terre, ces milliers de sons qu’émettent les mammifères, les insectes, les oiseaux, les poissons, ces bruits constants qu’aucune télécommande ne peut couper, si ce n’est la pernicieuse destruction des hommes, car un écosystème qui se porte bien est un écosystème bavard. Il y a soixante ans, la biologiste américaine Rachel Carson, a publié un livre, Printemps silencieux, au sujet des oiseaux décimés par les pesticides. Son ambition était d’alerter sur l’importance des sons comme indicateurs de la santé de notre monde. Beaucoup d’espèces utilisent les sons, bien plus que la vision pour communiquer, garantir la préservation de ces espaces sonores est donc crucial pour leur survie, mais ce qui me touche encore plus dans cette affaire de sonorités, c’est de me rendre compte, qu’il y a des milliers de manières « d’être vivant ». On communique en rugissant, en brâmant, en envoyant des textos. On se déplace en rampant, en marchant, en nageant. Et pourtant, aussi différents soyons-nous, nous sommes tous des déclinaisons du « vivant ». Et voici peut-être ce qu’il y a de plus fascinant : pour avoir envie de préserver une chose, il faut la connaître, il faut agrandir notre sensibilité. C’est la piste proposée par le philosophe Baptiste Morizot. L'homme doit apprendre à se détacher de la pensée narcissique de sa supériorité, qui le conduit à être complètement aveugle et sourd à l'égard du reste. « Il faut, dit-il, une nouvelle culture du vivant, comme on parle de culture du jazz. C’est cela que nous avons perdu à l’égard du vivant, et qu’il s’agit de reconstituer ». En apprenant à reconsidérer les espèces, nous réussirons peut-être à tisser d’autres liens avec les animaux, mais aussi avec les autres hommes. Je vous souhaite d’entendre le monde qui se réveille. #Bonjour



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