• Marie Robert

Ceci est une source infinie.


Ceci est une source infinie. J’aime observer des chantiers. Ou plus exactement, j’aime observer les choses « en train » de se faire. Je suis émue d’imaginer que le chaos le plus total puisse, in fine,devenir harmonie, simplement parce que des individus ont décidé de mettre toute leur énergie dans la réalisation d’une tâche. Ils ont décidé d’y croire, d’y plonger entièrement, et cette décision les amène à supporter le bordel, le flou, et tous les aléas dont la vie se compose. Cette volonté de « bien faire » provoque en moi un curieux mouvement d’émotion, voire même, de réconciliation avec un monde, qui parfois, semble tant nous confronter par sa médiocrité. Or, à chaque fois que je réfléchis à cette idée, il y a un mot qui me revient, et qui décrit le moment où en contemplant notre réalisation, on parvient modestement à déclarer : « Là, vraiment, j’y ai mis tout mon cœur ». C’est un constat, presque un cri, qui fait frissonner tout notre épiderme. Combien de fois avons-nous déjà ressenti cela ? Il existe un terme grec qui décrit cette ardeur à l’égard de ce que l’on crée, le « meraki ». Pratiquer le meraki, c’est s’investir complètement dans une œuvre et y laisser un peu de soi. Il est précieux car il suppose notre adhésion, notre enthousiasme, nos efforts, ce n’est pas juste répondre à une demande extérieure, ni faire plaisir, ni cocher une case de notre « to do list », c’est être aspiré par ce que nous façonnons. Ce n’est pas un banal objet du quotidien que nous nous contenterions d’utiliser comme moyen en vue d’une fin. C’est une forme d’extase. Et voilà que dans un contexte où nous cherchons un ancrage, le meraki devient un rêve, le fantasme d’une pleine présence. Sauf que pour le laisser nous envahir, il faut lui faire de la place, accepter de s’y consacrer entièrement comme si tout le reste pouvait attendre et mettre tout notre amour dans le creux de nos paumes. Et qu’importe que ce chantier soit celui d’une entreprise, d’une recette, d’un couple, d’une famille, d’un voyage, d’une broderie. La fougue est la même, croire qu’on peut donner vie à la beauté. Je vous souhaite le plus joli des chantiers. #Bonjour Credit : Bao Tim.



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