• Marie Robert

Ceci est une saison chaude



Qu’est-ce que l’on trouve beau ? Très beau ? Absolument beau ? Dans ces instants où le découragement ensevelit la volonté, la question de la beauté devient un rempart, un engagement, une stature. Ou se cache-t-elle ? Le timbre d’une voix. L’énigme d’un nez. Un trait de lumière sur un rideau. La majesté d’un adverbe. Une pâte en train de cuire. La tendresse d’un geste. Une élégance qui suggère. La douceur d’une matière. Une rencontre, qui nous sauve du déluge. Un savoir-faire à l’exquise minutie. Qu’importe. Le beau n’est pas un caprice, pas une définition, encore moins une essence, c’est une qualité sensible, une subjectivité assumée. « Votre œil me fait un été dans mon âme », écrit Ronsard. J’ai le souvenir d’un atelier de philosophie avec de jeunes enfants, il y a quelques années, et pour répondre à cette question qui m’habite si souvent, une petite fille avait sorti de sa poche un trombone. Un banal trombone. Elle l’avait présenté sur la paume de sa main comme s’il s’agissait d’un précieux trésor. J’ai contemplé, bouleversée, l’été qui même en hiver, irradiait son visage. J’ai compris ce jour-là où était ma chance. Je vous souhaite une journée de trombone et de canicule. Une journée où la beauté caressera votre courage.

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