• Marie Robert

Ceci est une Sainte



Il était une fois au couvent de Santa Rita de Cascia, près de Spoleto en Italie, une femme nommée Maria Laura. Celle-ci vivait recluse depuis bien des années, confinée dans le silence du Monastère. Les secrets d’alcôves et la beauté de l’invisible semblaient être en mesure de la nourrir pour l’éternité. Mais sous son voile d’Augustine, cette ancienne couturière décida un jour que la prière pouvait encore mieux s’incarner dans des fils, dans ce désir irrépressible de froisser des tissus, de tirer des aiguilles. Sur ses hauteurs chastes, elle prit alors la responsabilité de mettre ses doigts de fée au service des fiancées démunies et de leur confectionner de sublimes robes pour leurs noces. Le sens du miracle. Celui d'une fiancée pauvre qui devient affolante, renversante, par la transcendance de l'habit. Vêtir littéralement. Offrir une parure. L'élégance du tombé. Un palais fait d’ourlets parfaitement aiguisés. Agencer le monde en lui rendant un peu de grâce. On raconte qu’une des chapelles honorant la Vierge Marie a été transformée en boudoir où l'on se déshabille, où l'on corsette, ou l'on tulle, où l'on rassure. Fausses fleurs, voiles, sous-vêtements. Séduisantes Cendrillons cherchant à sanctifier le temps dans un pli. Se placer derrière l'épaule d'une femme qui se regarde dans le miroir, le menton légèrement penché, le regard sidéré de saisir l'altérité qui se cache en elle. Ne pas se reconnaître et se trouver belle, enfin. Le luxe de l'étoffe, le goût du divin. Un paradis des fils. Sainte Rita est la patronne des causes désespérées, de quoi faire des mariées d’irrésistibles fidèles. Ainsi soit l’ironie.

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