• Marie Robert

Ceci est une sacrée aventure.


Ceci est une sacrée aventure. Cette semaine a été intense. Eprouvante et intense. Le genre de semaine où l’on se sent compressé par le temps. L’étrange mélodie de juin entame son infernale cadence. Il s’agit dans un même élan de reprendre nos vies tout en bouclant l’année. Les rendez-vous se mêlent aux kermesses, les terrasses aux lessives, les peurs aux projets de vacances. Le tumulte de ce monde ouvert nous laisse hagards, aussi joyeux que paumés. Comme des biches, nous réapprenons à marcher et à tenir sur nos jambes, loin de l’air confiné. L’envie est là, l’excitation triomphante, et pourtant un questionnement métaphysique est venu s’immiscer dans nos euphories. Alors voilà, c’était donc cela ? Que penser de ces derniers mois ? Qu’allons-nous faire de ce que nous venons de traverser ? A peine soulevées, et déjà les questions s’estompent sous le joug de l’accélération. Pourtant jeudi soir, alors que dans la journée, je n’avais cessé d’être happée par la vitesse et par l’ivresse des projets, je me suis retournée un instant et j’ai pris la mesure du temps. C’est fou tout ce qu’il s’est passé depuis notre naissance, c’est impressionnant de considérer tous ces moments fugaces, anodins, inracontables. Le jour où l’on a su tenir une fourchette correctement, le jour où l’on a su s’habiller seul, le jour où on a mis un cartable sur notre dos. Toutes ces choses si banales, sur lesquelles on ne se retourne pas et qui pourtant composent notre quotidien comme des morceaux de kaléidoscopes. Je ne sais pas si ces quatorze derniers mois parviendront à faire partie de nos « banalités d’existence ». Mais je crois que ce matin, j’aimerais qu’on se félicite collectivement de tout ce que nous sommes, et de ce que nous parvenons chaque jour à faire, à commencer par nous lever chaque matin. J’aimerais qu’on honore tous ces pas qui nous ont conduit au 5 juin 2021. Tous ces ratés, tous ces défis, tous ces baisers, toutes ces confusions, toutes ces tout et rien qui nous permettent d’être ici. Je n’ai pas les grands bilans, les analyses sur le vide, les prophéties factices, je ne sais pas ce qu’on va devenir, mais je sais d’où l’on vient. Je vous souhaite beaucoup d’amour. #Bonjour

18 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout