• Marie Robert

Ceci est une rhapsodie.


Ceci est une rhapsodie. Quelle est la dernière fois que vous avez reçu une déclaration d’amour ? Et la dernière fois que vous en avez envoyé une ? D’ailleurs, si l’on s’arrête un instant sur ce terme, qu’est-ce véritablement une « déclaration d’amour » ? Est-ce une chose que l’on ne produit qu’une seule fois dans l’histoire commune juste pour dévoiler nos sentiments au cœur de l’autre ? Est-ce quelque chose que l’on produit pour obtenir en retour ? Un consentement, le « oui » d’une union, l’avancée d’une relation ? Est-ce un pacte implicite, une manière de faire patienter, quand la relation n’est pas libre ? Est-ce un feu à réaffirmer chaque jour ? Chaque mois ? Chaque année ? Est-ce que ça s’écrit sur un papier ? Par texto ? Par mail ? Est-ce que cela suppose une réponse obligatoire ? Est-ce que les déclarations sont éternelles et se fichent des ruptures qui les dénient ? Est-ce que le fait de déclarer est suffisant pour faire ? Je l’ignore. Je suis fascinée par l’expression de l’amour. Je n’ai de cesse de me demander quelle part ont les mots dans la relation amoureuse. Je crois que le langage de l’amour est un langage à part, hors du temps et qu’il convoque une grammaire différente. C’est curieux d’observer l’importance du discours amoureux au début d’une liaison et à la fin. Dans les deux cas, souvent, on s’écrit frénétiquement. On guette les vibrations du téléphone, on est suspendu à ces odieuses indications : « lu à 17h23 », on suffoque en attente de la réponse, on rougit, on brûle, on tangue. Et ensuite ? Que se passe-t-il entre l’aube et le crépuscule ? Entre les palpitations et les larmes ? N’a-t-on plus rien à se dire ? Est-ce que la déclaration devient celle du quotidien comme dans cette chanson glaçante de Benjamin Biolay « Brandt Rhapsodie » ? « Je rêve de ta peau et de tes mains. Je ne pense qu'à toi, je bosse plus, je fous rien » et plus loin « Le chat a gueulé toute la nuit dans l'escalier. S'il-te-plaît, en sortant, tu descendras la poubelle. Et pense à rappeler ta mère qui me harcèle » ? Qu’avons-nous à nous dire ce matin ? Je vous souhaite d’interroger votre cœur et de déclarer ce qui doit l’être. #Bonjour

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