• Marie Robert

Ceci est une rencontre



Ego. Quel drôle de mot. Étymologiquement, la philosophie désigne par ce terme le sujet conscient et pensant. Mais il est impossible de le saisir pleinement, sans sa dimension psychanalytique, le Moi. C’est-à-dire l’image que nous avons de notre personne, plus précisément, la représentation que nous nous faisons de notre personnalité et que nous croyons présenter aux autres.Hier, dans le l’atelier de Angelo Foley aux Napoleons, nous nous sommes posés une question bouleversante, que cette obsession contemporaine qui impose « d’être soi-même » détourne souvent. Qui suis-je ? Qui suis-je en dehors de mon corps, de mon métier, de mon prénom, de mes origines, de ma famille, de mes traumas, de ma sexualité, de mes traits de caractère, de mes possessions ? Qui suis-je lorsque j’arrête « d’être » pour « faire » ? Qui suis-je lorsque je ne me perçois plus uniquement à travers mes blessures ? Il y a quelque chose de terrifiant à l’idée d’ôter toute ces couches. Mais il y a aussi un souffle profondément libérateur, car c’est seulement lorsqu’on s’éloigne de ce moi figé que l’on commence à donner, à recevoir, à entrer en relation avec les autres. Soudain, il y a de la place pour autre chose qu’une identité écrasante, qui ne fait, au fond qu’isoler. C’est quand on ne cherche plus à être soi-même, mais qu’on agit, qu’ainsi se dessine nos contours. Alors la rencontre devient possible. L’épanouissement émerge de la construction d’un nous, d’un collectif, loin des egotrips et des injonctions paralysantes. Ce sont nos actes qui nous fondent, je vous souhaite donc une journée remplie d’actions.

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