• Marie Robert

Ceci est une renaissance.


Ceci est une renaissance. Au début de mon livre, Le Voyage de Pénélope, mon personnage principal déclarait ceci : « Fin. Trois lettres élégantes et sobres, pour dire le gouffre, la tempête, la déchirure. Avant, j’imaginais la rupture grandiose, sublime comme dans un roman russe. Un déluge de pleurs sur un quai de gare, des adieux qui disent « je t’aime », des corps enlacés, conscients que leur amour est impossible, et devient, par la même occasion, éternel. Je percevais la séparation à travers un joli filtre. Un fragment de vie, lisse, beau, acceptable, dont je me souviendrais avec le sentiment réconfortant d’avoir traversé quelque chose d’intense. Tout cela était d’autant plus vrai que, jusqu’à présent, ça ne me concernait pas. Une fois que ce fut mon tour, j’ai compris que la fin d’un couple n’avait rien à voir avec Anna Karénine. On ose rarement admettre combien rompre, c’est surtout vivre un moment minable. L’absence totale d’élégance. Un truc misérable, mesquin, qui nous ôte toute dignité. On se parle de moins en moins, on s’embrouille pour une boîte d’œufs qui n’a pas été jetée, on se soupçonne, on se méprise, on compte les points, on renonce à toute forme de beauté. Et puis, un jour, c’est fini pour de bon. On se quitte sur un « au revoir ». Un « au revoir », timide et maladroit. Dans une pizzeria. Devant une boulangerie. Ou sur un canapé, qu’on avait mis des heures à choisir ensemble. Rien de superbe, juste quelques regards gênés de n’avoir pas su faire autrement ». La rupture est un mot, un bien petit mot, pour dire tant de douleurs, tant de peines, tant d’hésitations. Et c’est peut-être pour cela que je n’ai de cesse de tenter de l’apprivoiser. Qu’elle soit amoureuse, amicale ou familiale, la rupture nous possède, elle nous envahit corps et âme. Mais c’est précisément parce qu’elle ravive toutes nos douleurs, qu’elle enclenche aussi une somme précieuse de remises en question. Celles qui sans doute, à notre rythme, nous conduirons à une transformation, et même, à une renaissance. L’épisode de mon podcast qui sort aujourd’hui est un des plus intimes que j’ai eu l’occasion de faire. J’espère qu’il mettra une once de douceur dans vos ouragans. #Bonjour

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