• Marie Robert

Ceci est une répétition.


Ceci est une répétition. Hier, quelqu’un a commenté sous mon post : « J’apprécie votre philosophie mais avez-vous conscience que chaque matin, à travers un nouvel angle, vous énoncez les mêmes idées ». Évidemment, mon premier réflexe a été celui de l’ego blessé, parce que cette personne touchait avec justesse à une de mes angoisses les plus profondes. Celle de lasser, de devenir une caricature, de formuler des phrases usées jusqu’à la corde, et de finir par me fatiguer moi-même. Et puis, passé ce moment de malaise, je me suis demandée s’il fallait nécessairement dans la vie vouloir exprimer des idées « différentes », s’il fallait de la rupture, de l’inédit, de l’hors norme pour plaire ou pour être intéressant. Depuis toutes ces années, je dépose des mots ici, je crois avoir abordé une multitude de thèmes. J’ai tenté d’explorer des langues, des époques, des auteurs, des anecdotes, toute la modeste matière qui constitue la somme de nos existences. Mais dans cet ensemble épars, je me suis toujours fixée une règle, le socle de notre pacte implicite : être sincère. Pas de politique éditoriale, pas de calendrier, pas de post programmés, pas de partenariat, pas de petites manigances pour gagner une absurde et vaine visibilité. Rien d’autre qu’une humble volonté de remplir de mots une plateforme d’images, et se faisant, permettre peut-être à d’autres de se les approprier, et de gagner quelques minutes de douceur dans l’aridité quotidienne. Alors oui sans doute, qu’au fond, je raconte chaque jour la même chose, comme une prière. J’espère raviver notre capacité à faire société, à mettre nos émotions en commun. Car d’aussi loin que je m’en souvienne, c’est la seule chose qui m’intéresse, qu’on se rappelle que malgré tous les malgré, nos tumultes intimes nous relient. Des dizaines de matins encore, sous des milliers d’angles, je déclinerai le seul combat qui tienne, celui de parvenir à s’aimer un peu plus, soi-même et les autres. Parvenir à dépasser nos rancœurs, nos frustrations, nos mesquineries, nos maladresses, pour se dire qu’on s’aime, parce que bordel, il n’y a vraiment que cela qui compte. Je me souhaite de vous le répéter tous les matins. @therealpeterlindbergh

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