• Marie Robert

Ceci est une règle d’or.


Ceci est une règle d’or. « Tu te fous de moi ou quoi ? ». Le tonnerre gronde. C’est agaçant, un désaccord qui, à l’instant même où on le vit, nous semble insurmontable. Le cœur palpite, le ton devient vengeur, les yeux brandissent des malédictions. L’ego se cabre. La peine nous chavire. La rage et le chagrin achèvent de détruire les vestiges de notre conversation. L’équilibre précaire de nos liens se brise sous le joug de nos rancœurs. On est à deux doigts de casser des assiettes. Ce n’est pas concevable que « l’Autre » agisse ainsi, qu’il n’entende pas, ne reconnaisse pas, ne conçoive pas. Ce n’est pas acceptable qu’il soit si étranger à nous-même. Combien de fois nous sommes-nous disputés dans notre vie ? La dispute rompt les codes de ce qu’Habermas nomme « l’éthique de la discussion ». La colère, le ressentiment, la déception, nous submergent. On ne parvient pas à adopter un autre point de vue, à aboutir à une entente, ni à garantir l’honnêteté de nos énoncés. Car en réalité, dans une dispute, nous ne faisons que défendre notre territoire, nous nous figeons dans un présent révoltant, dans une irritation reine. Nous cédons tous à ces instants de chaos qui traduisent, même maladroitement, notre peine, notre fatigue, notre peur ou le dysfonctionnement d’un système. Qu’est-ce qui se joue dans cette tempête, dans ce déferlement ? Pourquoi cela nous atteint autant ? Tant d’enjeux s’emmêlent. Mais avant de s’atteler à les démêler, que faire ? Il demeure peut-être une ultime règle à laquelle se tenir, comme un accord tacite, une de ces lois sacrées que l’on respectait enfant, un de ces pactes qui nous fondent : celle de ne jamais se quitter fâché, du moins, avec ceux qui comptent, avec ceux qui comptent vraiment. Car on ne sait pas ce que l’existence nous réserve, et avouons-le, un « je t’emmerde » aussi sincère soit-il, n’a pas le panache du point final. Ce n’est pas un pardon naïf, ce n’est pas une méthode vide de sens, c’est le rappel que l’existence est un basculement et qu’aucune dispute ne mérite nos regrets déchirants. Je vous souhaite de traverser les ouragans et de savoir apprécier, ensemble, le ciel redevenu clair. #Bonjour Credit : Marriage Story.

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