• Marie Robert

Ceci est une préface



A l’origine, il y a un commencement. Les racines d’un arbre qui nous précède et qui nous survivra tout autant. Cet arrière grand-père aux traits bridés habite t-il en moi ? Que faire de ces genèses ? De ces traces ? De ces visages inconnus que l’on porte pourtant en nous ? Peut-être commencer à raconter. A se raconter, pour mieux se réapproprier ce curieux magma qui nous contraint, autant qu’il nous fonde. Analyser ce qu’on est, et ce qu’on a été, fait naître ce que l’on devient. Nos vies sont pleines de contradictions. Il y a un écart constant entre ce que l’on pense, ce que l’on vit, ce que l’on porte, malgré nous, dans notre chair. La somme de déterminisme, de traumatismes, de légendes, de silences qui se niche dans notre corps et notre cœur. Le récit sert à rendre cela cohérent. En prenant position sur tout ce qui se terre dans le passé, on se réapproprie une identité qui devient notre voix propre. On s’individualise. Un individu se reconnaît à l’histoire qu’il se raconte à lui-même sur lui-même. C’est à ce prix que la famille devient autre chose qu’un point qui nous échappe, mais le cœur d’une appartenance qui nous construit. À nous d’écrire, librement, le reste du livre.

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