• Marie Robert

Ceci est une porte ouverte.


Ceci est une porte ouverte. « Qu’avons-nous de prévu aujourd’hui ? ». C’est une question anodine, banale, le genre de questions à laquelle je réponds en contemplant religieusement mon agenda Google. Je suis du genre très organisée. J’appartiens à la curieuse espèce de ceux qui orchestrent, encadrent, prévoient. De ceux qui ont besoin de minuter, d’anticiper, et de contrôler pour faire face à l’angoisse. J’aime la rigueur et j’ai une passion pour les protocoles. Je chéris Kant pour son système, le pilates pour sa précision, et le rangement pour l’apaisement salvateur qu’il me procure. Parfois, ma propre maniaquerie m’épuise, mais au fond, je dois avouer une chose, c’est que mon obsession de l’ordre me permet de faire face au chaos de la vie. C’est cette colonne vertébrale qui m’offre la possibilité d’accueillir le mouvement, de ne pas tanguer, de ne pas flancher, de ne pas me perdre. Car il faut le dire, l’existence est une valse perpétuelle, qui tantôt nous élève, tantôt nous fracasse. Hier, j’ai vécu deux élans contradictoires. En échangeant avec mon amie @helenhaynes_pilatomic , j’ai réalisé que les beaux moments de ma vie étaient arrivés sans prévenir, qu’ils avaient jailli éclairant chaque parcelle de mes jours. Et puis, quelques heures après cette discussion, j’ai appris la maladie inopinée d’une maman de mon entourage, un cancer à un stade si avancé qu’il n’est guère probable de le soigner. Et voilà comment on tangue, entre les ténèbres et la lumière, entre la joie et la peur. Alors la vérité c’est qu’on peut juste faire semblant de prévoir. Il y a ce terme yiddish qui décrit si bien cette ironie, c’est le « balagan ». En ukrainien, il signifie la farce. En bulgare, une chose peu sérieuse. En polonais, le balagan, n’est rien d’autre que le désordre. Qu’importe sa définition, il honore la force de vie, ce bordel émotionnel que l’on porte en nous, et qui rend hommage à notre humanité, dans ses déboires et ses errances. C’est cette gaieté qui surgit, même dans la nuit, malgré tous les désespoirs. Comme s’il suffisait d’y croire. Comme si l’enjeu était toujours de prendre de l’avance sur un possible malheur. Je vous souhaite de soigner votre agenda. #Bonjour


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