• Marie Robert

Ceci est une porte ouverte.


Ceci est une porte ouverte. « Tenir bon ». Deux mots qui s’écrivent et se conjuguent en bas de nos messages. Tenir bon. S’accrocher à une autre perspective. A l’arrivée imminente, évidente, d’un changement de décor, d’un nouveau printemps, qui n’est qu’une question d’heures, de jours, de patience. Au cœur de ce courage, de cette main fermement accrochée, l’espérance d’une liberté retrouvée après treize mois de confusion. La liberté, quelle curieuse notion, on la crie, on la réclame, on la poétise. Mais de quoi parlons-nous quand nous employons ce mot ? Elle est si souvent caricaturée, galvaudée, peut-être parce qu’elle désigne, ce qui ne peut se décrire, à savoir, une irrépressible force de vie. Car la liberté n’est pas qu’une histoire d’attestation, ni même d’autorisation ou d’horaires de couvre-feu. Elle dépend aussi de nous, et pas seulement des autres. Elle est notre capacité à nous extraire de nos obéissances, de nos fidélités diverses, de nos conditionnements culturels, familiaux, générationnels, psychiques. C’est une lutte contre le déterminisme. C’est ce moment de fougue, de retournement, qui nous impose de refuser la fatalité pour enfin, nous ouvrir à la vie. C’est un « non » prononcé dans une assemblée ou à une table de petit-déjeuner. C’est un départ inattendu. C’est une manière de vivre qui n’a pas à se justifier. Mais c’est aussi, et surtout, une réflexion. Une audace. Une audace de savoir. Et une audace d’assumer ce que nous sommes et ce que nous décidons d’incarner. La liberté est un éclair qui soudain, illumine le brouillard de l’esprit. Il n’y a de liberté qu’à partir du moment où l’on mesure qu’elle est un risque, un déchirement, une mise en question. Un voyage en dehors de nos certitudes. Nous ne sommes libres qu’à la mesure de l’inconfort que nous pouvons supporter. C’est ce que disait Socrate à l’aube de l’histoire de la philosophie. C’est ce qui se joue ici, dans nos appartements, dans notre télétravail, dans notre lassitude. Tenons bon, oui, mais n’oublions pas que la liberté est déjà là, car elle est partout où il y a de la pensée. Je vous souhaite de vous rappeler que notre liberté est à portée d’idées. #Bonjour#Matin

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