• Marie Robert

Ceci est une porte ouverte



« Tenir bon ». Deux mots qui s’écrivent et se conjuguent en bas de nos messages. Tenir bon. S’accrocher à une autre perspective. A l’arrivée imminente, évidente, d’un changement de décor, d’un nouveau printemps, qui n’est qu’une question d’heures, de jours, de patience. Au cœur de ce courage, de cette main fermement accrochée, l’espérance d’une liberté retrouvée. Quelle curieuse notion, qui fascine et qui se construit, ici et maintenant, au cœur même de notre confinement. La liberté est un terme souvent caricaturé, qui désigne pourtant, ce qui ne peut se décrire, à savoir, une irrépressible force de vie. La liberté est notre capacité à nous extraire de nos obéissances, de nos fidélités diverses, de nos conditionnements culturels, familiaux, générationnels, psychiques. C’est ce moment de fougue, de retournement, qui nous impose de refuser la fatalité pour nous ouvrir à la vie. C’est un « non » prononcé dans une assemblée ou à une table de petit-déjeuner. C’est un départ inattendu. C’est une manière de vivre qui n’a pas à se justifier. Mais c’est aussi, et surtout, une réflexion. Un éclair qui soudain, illumine les ombres de l’esprit. Il n’y a de liberté qu’à partir du moment où l’on mesure qu’elle est un risque, un déchirement, une mise en question. Un voyage en dehors de nos certitudes. Nous ne sommes libres qu’à la mesure de l’inconfort que nous pouvons supporter. C’est ce que disait Socrate à l’aube de l’histoire de la philosophie. C’est ce qui se joue ici, dans nos appartements. Tenons bon, oui, mais la liberté est déjà là, car elle est partout où il y a de la pensée.

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