• Marie Robert

Ceci est une play-list.


Ceci est une play-list. Hier, j’ai écouté un podcast où était interviewée Laure Adler. A un moment, elle s’est mise à évoquer l’importance de la musique dans son adolescence et le fait que dans les années 60, le casque audio n’existait pas. C’est un détail anodin qui m’a pourtant marqué. Sans casque, sans écouteur, on est contraint d’écouter de la musique avec les autres autour. On subit les goûts des uns, les refrains des autres, et on découvre des morceaux dont on ignorait l’existence. On traverse un instant de vie, comme lorsqu’en voiture, tout le monde se met à chanter ensemble. Je l’écrivais déjà mardi dernier, je n’aime pas le fantasme du temps d’avant, je refuse les constats d’apocalypse, pourtant, quelque chose dans mon cœur s’est serré en entendant ces mots. Je désespère en observant ce dont nous sommes capables, mais malgré tous les malgré, je suis bouleversée par l’idée que nous vivions des choses communes, bouleversée par la perspective que nous palpitions ensemble et par la possibilité que nous puissions nous regarder. C’est une fascination sans fin. Il y a ceux qui ne terminent pas leurs phrases, trop impatients du récit à venir. Ceux dont la vie s’invente. Et ceux qui trébuchent à chaque pas. Il y a ceux qui disent bonjour en regardant très loin dans les yeux. Et les précis qui, discrètement, remettent les cadres droits. Il y a ceux qui aiment tellement un film qu’ils veulent être certains qu’on saura le voir. Il y a les timides, qui s’immobilisent. Et ceux qui depuis l’enfance, ne marchent pas sur les lignes dessinées au sol. Il y a ceux qui préfèrent les toujours. Et les autres, qui se languissent de peut-être. Il y a ceux qui ont des secrets. Ceux qui ont des douleurs. Et ceux pour qui c’est pareil. Il y a ceux qui s’endorment à 22h. Et ceux qui laissent filer la nuit. Il y a les méditerranéens de l’âme, qui parfois vivent même en Normandie. Il y a ceux qui galèrent. Et ceux qui ne le montrent pas. Il y a ceux qui ont peur de la mort. Et ceux qui donnent la vie. Fragments d’humanité. Trésors de tendresse. Divin royaume qu’est le vivant. Il y a l’amour infini des gens. Je vous souhaite de retirer votre casque. #Bonjour Credit : Ma famille

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