• Marie Robert

Ceci est une ouverture.


Ceci est une ouverture. « Wooow c’est trop trop beau ! ». Les mains se joignent et les yeux se plissent. La regarder s’agiter est encore plus réjouissant que de contempler le décor. Je crois que l’une des plus jolies qualités sur cette terre est bien l’enthousiasme. Quel est la dernière fois que vous l’avez ressenti ? Il y a quelque chose de bouleversant, dans cette capacité, qu’ont certains d’entre nous, à exprimer une joie criante, tapageuse, comme s’ils enrobaient la vie d’un éclat enfantin. Etre enthousiaste suppose de se laisser « prendre », de se laisser absorber par une émotion intense, incontrôlable. Dans l’Antiquité grecque, un « enthousiaste » est d’ailleurs celui qui est « possédé » par un dieu, celui qui reçoit une inspiration d’un autre monde, comme si nous, pauvres mortels, étions incapables de créer seuls une telle puissance. Au fil du temps, l’enthousiasme a perdu de sa connotation religieuse, tout en conservant cette idée de fougue qui bondit au-delà de nos cœurs, nous fait prononcer des onomatopées et des exclamations. Robert Misrahi fait de l’enthousiasme l’une des composantes essentielles du bonheur, car à l’instant où l’on ressent un tel sentiment, la totalité de la conscience est comblée. Elle n’est pas suffocante, ni suspendue à ses habituelles errances : elle nous met face à l’instant. Pour autant, aussi prodigieuse soit-elle, cette faculté d’enthousiasme n’est valable que si elle entière, sincère, vécue, et non jouée, encore moins surjouée. Et pour qu’elle puisse se faufiler, il faut permettre son inverse, il faut pouvoir accepter la déception, le dégoût, les larmes. Il faut s’octroyer le droit de ne pas aimer, la possibilité de trouver ça « nul » et « minable » sans que cela soit pris pour de l’insolence ou du mépris ou un affect mal géré. Si je parle aujourd’hui de ses versants, ce n’est pas pour louer une énième fois l’importance des émotions, dans un monde qui n’est que réaction, c’est plutôt parce que je suis convaincue que l’enthousiasme et le dépit, lorsqu’ils sont sincères sont des portes d’entrée vers la justesse et la conscience. Et ce sont ces deux piliers que je nous souhaite ce matin. #Bonjour @christyturlington_daily

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