• Marie Robert

Ceci est une ode à nos vagues.


Ceci est une ode à nos vagues. Il faut le dire, je crois que j’aime bien les larmes. Bien sûr, je n’aime pas l’idée de la peine. Mais je regarde avec tendresse ces eaux claires, ces gouttes qui décolorent le regard. Je pleure souvent, du moins autant que je ris. Et je suis toujours bouleversée par les gens qui pleurent, ceux qui pleurent vraiment sans être des crocodiles, sans forcer la mise en scène. Ceux qui pleurent parce qu’ils n’ont plus d’autres options. C’est une sorte d’ouverture. Comme s’il y avait une poésie inhérente à ces perles qui débordent de l’iris et coulent le long des joues. Comme s’il s’agissait un instant de refuser la décence, le contrôle, la perfection, pour s’autoriser à vivre totalement la vague, à plonger dans l’océan d’émotions, jusqu’à laisser échouer au bord de notre bouche son curieux goût salé. Pleurer contient toujours la promesse d’un soulagement à venir. Les larmes donnent les yeux rouges, mais nous offrent un calme intérieur, une étrange légèreté, parce que la décharge physique nous a épuisée, mais nous a aussi transformée. Qu’elles soient de joie ou de tristesse, les larmes embarquent avec elles une part de nos angoisses, elles nous lavent des tensions, qui au lieu d’être enfouies, se montrent, s’osent, se crient, se dévoilent. C’est la théorie de la catharsis, chère à Aristote. En exprimant symboliquement nos passions, on s’en libère. Il n’est pas question de résoudre, ni même de consoler, mais bien d’accepter la brèche, de lever un secret. On rend visible ce qui nous dévore. On relâche ce qui nous oppresse. Ça renifle, ça sanglote, ça geint ou ça pointe timidement dans les plis. Qu’importe. Larmes de joies, larmes de souffrances, larmes de montagnes qui se font toujours russes, larmes de la vie qui nous donne à ressentir, précisément parce que nous sommes vivants. « C’est seulement à travers les larmes que nous accédons à la connaissance et que nous comprenons comment on peut devenir saint après avoir été un homme » dit Cioran. Sainte, je ne sais pas, mais humaine sûrement. Je vous souhaite une journée de sanglots salvateurs. #Bonjour

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