• Marie Robert

Ceci est une oasis.


Ceci est une oasis. 236 épisodes, 10 saisons, et des personnages inoubliables. La semaine dernière, Rachel, Ross, Phoebe, Monica, Chandler, Joey, se sont, de nouveau, invités sur notre sofa. Effets d’annonce, agitation sur les réseaux, photos en pagaille. Une étrange nostalgie est venue s’immiscer dans nos cœurs, comme une curieuse effusion de joie, celle qui vient nous surprendre sans qu’on s’y attende. Beaucoup ici trouvent sans doute cette euphorie risible, à commencer par les moins de 20 ans qui connaissent l’ivresse des plateformes aux choix infinis. Pourtant, sans être dupe du marketing, ni du néant que dissimule tout divertissement, il y a quelque chose d’émouvant dans ces visages, qui malgré leurs traits figés, nous sont si familiers. Pourquoi ces notes nous font vibrer plus que n’importe quel autre programme télé ? Pourquoi espérons-nous, captivés, que Ross et Rachel s’embrassent et s’aiment enfin pour l’éternité ? N’avons-nous donc plus aucun autre horizon que le passé ? Je crois surtout qu’il y a dans ces retrouvailles la perspective d’un refuge. Et l’idée tentante, qu’on puisse malgré tous les malgré, finir par renouer. Le retour de ces personnages, qui appartiennent à nos souvenirs, est un pied de nez à la disparition, une manière de faire taire le murmure du « plus jamais ». Dans ce monde d'éphémérité, d’obsolescence, et de chaos, il est précieux d’envisager que les portes ne sont jamais tout à fait fermées, que les amitiés ne s’achèvent pas, que les liens sont faits pour durer. Friends appartient à une somme de vestiges qui n’a de sens que dans nos mémoires collectives, les épisodes ne résonnent que pour une poignée d’individus ayant vécus dans le même lieu à peu près au même moment. Mais le plus essentiel, ce n’est pas la nostalgie d’une époque révolue, c’est plutôt ce que l’on décide d’en faire. Au bout du compte, les séries nous tendent un miroir, nous nous y reconnaissons, et à notre tour, nous nous demandons qui sont ceux que nous pourrions appeler 17 ans plus tard, qui sont ces individus avec qui nous aimerions faire renaître le temps. Je vous souhaite de savoir à qui vous chanteriez « I’ll be there for you ». #Bonjour

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