• Marie Robert

Ceci est une manière de voir.


Ceci est une manière de voir. Il y a quelque chose de très curieux lorsque, l’été, on a la chance d’observer la nature. C’est le constat que face à un paysage que l’on trouve vraiment beau, on ne peut pas réellement être cynique. Bien sûr, on peut redouter de le voir disparaitre, mais à l’instant où on pose nos yeux dessus, le premier réflexe est celui de l’émerveillement, cet élan qui nous conduit à exprimer des onomatopées confuses, juste pour tenter de s’approcher de l’extraordinaire émotion que suscite ce décor naturel. Je me suis demandée ce que ça ferait si on regardait le reste de notre vie de cette façon. Si au lieu de considérer nos existences, nos couples, nos enfants, nos métiers, nos vacances, nos appartements, nos corps, en en percevant toutes les limites effectives, on arrivait à les contempler dans ce qu’ils ont de magnifiques. Si on s’autorisait à relâcher les armes, les carapaces, les couches infinies de protection et de commentaires, pour uniquement ressentir et s’étonner. J’entends déjà les contestataires, atterrés par ma naïveté, et pourtant, je crois qu’il y a une forme de courage, ou peut-être de conscience, dans cette capacité à voir ce qu’il y a de beau. Être étonné par le monde qui nous entoure est une chance. Dans un de ses livres nommé, De l’émerveillement, le poète Michael Edwards, propose cette analyse : « Il n’y a rien de plus adulte ni de plus sérieux que de s’émerveiller ». Se laisser happer par l’enthousiasme, accepter d’être surpris, c’est aussi une manière de renouveler son regard, de changer d’angle, d’activer autrement nos circuits de réflexions, et donc de nous faire du bien. Edwards continue : « le merveilleux nous enveloppe et nous abreuve comme l’atmosphère ; mais nous ne le voyons pas ». C’est une incitation à aller au-delà de nos déceptions, et de nos échecs, parfois si pesants, pour s’ouvrir à une richesse d’un autre ordre : la douceur enveloppante de l’harmonie. Etre aussi immense qu’un matin d’été. « Mon père m’a dit méfie-toi du cynisme, l’avenir appartient aux idéalistes » - Gaël Faye. Je vous souhaite de trouver la force de l’émerveillement. #Bonjour Crédit : @fridakahlo

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