• Marie Robert

Ceci est une main dans la vôtre.


Ceci est une main dans la vôtre. Une des questions que l’on pose me pose le plus souvent, c’est de quelle manière je choisis mes sujets. J’ai souvent envie de répondre : « j’écoute ce qu’il y a dans ma tête ». Je ne sais pas si cette explication est satisfaisante, encore moins si elle aide à comprendre la manière dont les choses se composent, mais en tout cas, elle est sincère, fidèle à cette fougue, à ce magma, qui me saisit à l’aube. Ce « ceci est » n’a rien, mais vraiment rien d’exceptionnel. J’ai souvent l’impression de tourner en rond dans le labyrinthe de mes obsessions. J’évite d’ailleurs de me relire et de juger la qualité de mes propos, incapable depuis toujours d’aimer mes paroles. Je refuse de vouloir rendre esthétique ce qui est simplement un espace vierge servant à déposer les mots en suspens dans mon crâne. Sans cela je crois que j’étoufferais. Que je me consumerais sous la charge mentale, que je périrais sous le manque de concentration, sous le feu des sollicitations et des stimuli incessants. Si je m’y attèle, ce n’est pas par contrainte, ni pour lancer un compte à succès, car rien au monde n’est plus précaire. C’est parce que j’en ai besoin. Et je crois que nous sommes nombreux dans ce cas. Qu’est-ce qu’il y a dans votre tête ? Qu’est-ce qui vous traverse ? Vous questionne ? Vous inquiète ? Quel est cet « incongru » qui est venu vous tiré de vos songes ? Quel est le risque si on laisse la pensée devenir des mots ? Est-ce qu’ensuite ils disparaitront ? Est-ce la meilleure façon de passer à autre chose ? Ou contraire est-ce ainsi qu’on y donne corps ? Je n’en sais rien. Je sais juste que ce matin, ce qui m’est venu c’est l’impératif besoin de donner de l’amour et ce qu’il faut de confiance pour le vivre. « Toute activité, de la première heure de l’aube jusqu’à la dernière flamme vacillant dans la nuit, est pour un véritable poète une préparation. Chaque mot est comme une ligne de pêche lancée dans différentes directions. [...] Car c’est un art de déclamer des vers, un art et une souffrance : savoir extraire, de ce qui paraît maigre, quelque chose de plus grand » - Göran Tunström. Je vous souhaite d’écrire ce qui vient. #Bonjour

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