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  • Marie Robert

Ceci est une madeleine.

Ceci est une madeleine. De quoi se souvient-on ? Pourquoi certains trajets semblent être une évidence alors qu’on ne les a pas effectués depuis des années ? Tandis qu’on est incapable de se souvenir de quelques cadeaux d’anniversaire ou encore de nos codes de carte bleue ? Le fonctionnement de la mémoire est pour moi une source permanente de fascination, peut-être parce que ma grand-mère l’a perdu, ou peut-être encore parce que parfois, nous l’aimerions sélective pour nous alléger de quelques douleurs. Nos souvenirs forment un socle incontournable de notre identité. C’est dans cet étrange patchwork que se dessine notre personne, que se dévoile notre passé et nos traumatismes autant que nos aspirations et nos goûts. Mais comme le définit le neuroscientifique Larry Squire : « ce que nous appelons un « souvenir » n’est que le résultat final d’un processus qui commence avec l’attention ». Or nos capacités d’attention et de mémorisation sont liées à nos centres d’intérêt ainsi qu’à nos habitudes. Nous nous souvenons de ce qui nous préoccupe, pour le meilleur et pour le pire. Un mathématicien aura une excellente mémoire des chiffres, un tennisman de ses parties. Et nous ? De quoi se compose notre mémoire ? Que mettons-nous dans nos filets mémoriels ? Ce que nous gardons dans notre esprit n’est pas un regret, pas une nostalgie, c’est finalement le souvenir d’une expérience. Une manière d’importer le passé dans le présent par la force de nos émotions. Et c’est cela qui est magnifique je crois. J’aime l’idée que cette vie souterraine, jaillissante, donne de la continuité à nos existences. Bien sûr qu’on voudrait oublier des choses, mais pensons aussi à la puissance que c’est de pouvoir se rappeler d’un premier baiser, de nos enfants nourrissons, du goût du gâteau de notre grand-père, celui d’un appartement où on a été heureux, etc. Toute cette somme d’instants que nous sommes capables de raviver par le simple biais de notre cœur, de nos frissons, de notre âme. C’est parfois aride et confrontant, mais c’est aussi une manière de résister au néant. Je veux me souvenir de cette vie toute ma vie. Je vous souhaite de chérir nos mémoires à venir. #Bonjour



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