• Marie Robert

Ceci est une mélodie.


Ceci est une mélodie. A quoi pensons-nous dans la plus stricte intimité de notre esprit ? Quelles sont les images qui se forment dans notre tête ? Quels sont les visages, les mots, les associations d’idées, les récits, qui s’accrochent chaque jour à nos cellules cérébrales ? J’ai une fascination pour tout ce tissu que nous cachons aux autres. Pas uniquement par pudeur, par gène, ou par honte, mais aussi parce que certaines paroles ne peuvent pas être formulées, elles n’ont pas ce destin-là, elles ne servent pas à communiquer, elles sont une sorte d’ossature silencieuse. Aussi présentes que nos vertèbres, aussi mouvantes que notre sang. Et voilà pourquoi elles sont si fondamentales : parce que leur contenu nous fonde. Imaginons une histoire que l’on se raconte quotidiennement. Imaginons l’impact d’un refrain que l’on chante du matin au soir : il s’infiltre dans notre cerveau, mais aussi dans notre corps. Et parfois, nous oublions à quel point cela engage toute notre existence. Si nous nous répétons, même malgré nous, que nous sommes nuls, que nous sommes défaillants et incapables, que nous n’avons pas été aimé, que nous avons peur, que les temps à venir vont être difficiles, ou encore, que la fin du monde est proche, tout cela influence notre vécu et nos croyances. Ce ne sont pas juste des pensées que l’on peut mettre sous un tapi. Au contraire, leurs échos sont innombrables. Le rythme cardiaque change, l’énergie fluctue, les vagues deviennent des traces qui changent notre peau. L’empreinte négative s’incruste et se développe, pour finir par être notre réalité. Alors bien entendu, j’aime trop la nuance, et je flirte suffisamment avec les ombres, pour ne pas vanter une illusoire « positivité ». Il ne s’agit pas de céder à une vision lisse et fade, ni de renoncer à affronter les gouffres. Il s’agit de nous demander quels sont les propos qui nous rendent plus solides et ceux qui nous mettent à terre. La vie se charge suffisamment de nous confronter pour ne pas avoir à le faire nous-même. Ayons l’indulgence de choisir un refrain qui nous donne envie de renverser la table et d’embrasser les jours. Je vous souhaite une chanson douce. #Bonjour Credit : @juliaroberts

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