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  • Marie Robert

Ceci est une lueur.

Ceci est une lueur. Lundi. La valse de l’hiver. La lumière électrique impose son voile étrange. Le teint est pâle. Le moral est en faillite. Rien de grave pourtant. Pire encore, la culpabilité ordinaire d’être en défaite alors que sous le sapin se glisse déjà tant de privilèges. Combien d’entre nous ce matin se sentent glisser sur une pente morose ? La pluie verglaçante, les bouclages éreintants, et pour certains, l’approche des fêtes qui rappellent la contrainte des obligations et la douleur des absences. L’envie est grande de plonger dans ce marasme, de le faire vivre, de râler après la cafetière, les embouteillages, la société, après la serviette de bain, les collègues en retard, les enfants malades, surtout, après soi-même. Et si on se roulait par terre ? Et si on serrait les poings en tapant des pieds ? Est-ce qu’on irait mieux ? Est-ce qu’on aurait déchargé nos tensions, nos impuissances, nos rancœurs ? Peut-être, mais peut-être qu’il y a une autre manière de procéder, où plutôt une autre manière de trouver un peu de réconfort. Qu’est-ce qu’on pourrait changer pour aller mieux ? Cette question nous permet de redevenir quelques minutes au moins, metteur en scène de notre quotidien. Quelles infimes transformations pourraient être effectives dès maintenant ? Comment saisir cette marche de manœuvre, qui aussi petite soit-elle, nous permet de ne pas être totalement asphyxié ? Je ne crois pas qu’aux grands renversements, aux coups de tempêtes et aux coups de gueules, je crois aussi à la puissance de ces décisions immédiates et salvatrices. Quels aménagements sont à notre portée, à cet instant ? Changer de pull ? Annuler un rendez-vous ? Écrire un mail pour renoncer à un projet et un autre pour en lancer un ? Couper sa sonnerie de téléphone ? Boire un café ? Rien n’est ridicule, rien n’est vain, si cela nous permet de relever la tête, de ne pas laisser s’installer un inconfort maussade. Allons chercher l’air frais. Allons taquiner le printemps. « Aujourd'hui je déballe tout. Je chante sur une comète. Je gueule dans les nuages. Je danse sur le soleil » - Siri Hustvedt. Je vous souhaite de faire ce qu’il y a à faire. #Bonjour





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