• Marie Robert

Ceci est une lueur.


Ceci est une lueur. Je me sens vraiment chanceuse. C’est étrange comme cette phrase peut sembler creuse. Et pourtant, si je devais décrire à cet instant l’état qui m’étreint, ce serait celui-là. La profonde conscience d’une chance qui vient illuminer la journée d’une sorte de pulsion de joie. Il y a quelque chose de singulier dans ces brefs instants où nous réalisons que chaque seconde vécue en dehors de la peine, de la maladie, de la peur, de la faim, et du froid, est un miracle. Ce sont des éclairs qui nous connectent, non pas à une crédulité facile, à une bien-pensance illusoire, mais au contraire à une lucidité extrême. Ça n’empêche ni les chagrins, ni les usures. Ça n’étouffe pas l’esprit critique, ni n’apaise les colères. Mais cela rappelle qu’il s’en est fallu de peu pour que la vie soit autre. Pour que les circonstances ne réussissent pas leurs heureux concours. Pour que le goût d’un café au lit, un dimanche matin, soit un luxe inaccessible. De quoi sommes-nous chanceux ? Je le suis de sentir mon corps s’étirer et d’avoir l’espace de dérouler mes pensées. Je le suis de n’avoir jamais eu à baisser le regard. De n’avoir jamais eu peur d’afficher mes croyances, mes convictions, ou de livrer mon identité. Je le suis de travailler sans douleur, de connaître la saveur de la confiance. Je le suis pour tous ceux que j’ai rencontrés. Et surtout, je le suis, d’aimer et d’être aimée si fort. Bien sûr, il y a de la discipline et du travail, une somme d’élans qui ont été épousés, mais il y a aussi cette chance qui impose la gratitude. Cette jolie grâce. Ce rayon de soleil qui vient éclairer les destinées. Il s’en est fallu de peu pour que nous soyons autres. Pour que nous ne soyons pas ici à lire ces quelques mots. Spinoza définit la gratitude comme « le désir ou l’élan d’amour par lequel nous nous efforçons de faire du bien à celui qui nous en a fait ». Dans la gratitude, l’amour ne procède pas du manque ou de l’insatisfaction, mais de la joie des dons reçus et partagés. Une joie humble qui sait reconnaître la valeur de la vie offerte. Ce matin, plus que jamais, je nous souhaite de partager notre amour et nos joies. #Bonjour Credit : Mark Meriford.

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