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  • Marie Robert

Ceci est une lettre de motivation.

Ceci est une lettre de motivation. Samedi matin. Pour les plus chanceux d’entre nous, ceux qui ne sont pas poussés par les contraintes de la vie professionnelle ou celles de la vie familiale, le week-end est un instant où le temps s’étire, où les minutes s’enroulent dans une forme de « flemme ». Même en le prononçant, le mot s’attarde dans la bouche, il engourdit les lèvres. Le terme vient de l’italien flemma, qui signifie « lenteur ». Il est de la même famille que flegme, du grec phlegma qui lui renvoie aux humeurs. Quel lien entre les deux ? Chez Hippocrate, le père de la médecine, on expliquait nos humeurs en fonction de la circulation dans notre corps de quatre liquides : le sang à l’origine de l’enthousiasme, la bile noire responsable de la mélancolie, la bile jaune moteur de l’agressivité et, enfin, le célèbre flegme, qui, quant à lui, nous permet de rester concentré et réfléchi. Une vertu donc, le flegme est la garantie d’un sang-froid qui nous préserve de l’agitation. Sauf que dans cette théorie des fluides, lorsque le flegme est produit en excès, il nous rend inactif et paresseux, somnolant et passif. Tout un programme ! En somme on passe de flegmatique à flemmard, de l’impassibilité de la Reine Elizabeth au traînard qui ne bouge pas de son canapé. Il y a donc une tension entre le flegme, qui permet à l’individu de rester placide face aux soucis, et l’excès de flegme, qui neutralise la volonté et qui nous fait renoncer à l’action. C’est curieux d’observer comme les mots, et leur évolution, conditionnent nos existences. Or, je crois que nous sommes tous des flemmards à certains moments de notre vie. Nous croulons sous le poids de la fatigue, de la performance, des difficultés, alors comment retrouver notre élan ? Et bien peut-être en nous demandant : à quel prix voulons-nous aller bien ? Est-ce que la flemme nous rend fier et heureux ? N’est-il pas temps d’équilibrer nos fluides et de faire jaillir notre sang ? Et si nous dansions ? Et si nous bougions ? Et si nous marchions ? Et si nous aimions ? Et si nous agissions ? Je vous souhaite de ne pas avoir la flemme de faire rosir vos joues, c’est sans doute le plus joli cadeau à se faire. #Bonjour



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