• Marie Robert

Ceci est une intensité.


Vous vous en souvenez ? Il était en 3ème B et vous en 4ème C. Son allure, sa gestuelle, sa confiance, son visage, son humour, chaque fragment de sa personne vous avait bouleversé, une sorte d’admiration joyeuse qui ouvrait un monde en vous. Vous faisiez tout pour le croiser à la sortie des cours, juste pour l’apercevoir quelques instants, et vous nourrir de cet élan. 30 ans après, vous ne vous êtes jamais revus, et pourtant, quelque chose dans ce frisson demeure intact. La conscience d’un ressenti singulier, d’un étrange basculement. Un inconnu, un prof, une œuvre, un texte, un regard ? Combien de rencontres ont fondé notre existence ? Pourtant, la rencontre repose sur un paradoxe. Quand elle a lieu, on ne connait rien de la suite. Il faut qu’elle ait continué pour en saisir l’importance, pour en percevoir la teneur. L’instant de la rencontre se caractérise par son énigme. La fulgurance a lieu. Mais que va-t-elle devenir ? Est-ce un flirt d’un soir, l’amour d’une vie, une amitié fondatrice, un basculement idéologique ? A ce moment précis, comment le savoir ? Les récits de rencontre sont toujours rétrospectifs. Ils sont systématiquement reconstruits par le souvenir. Alors à défaut de vouloir la figer, peut-être est-il préférable d’observer ce qu’elle provoque en nous, tout ce qu’elle vient faire frémir. La réussite d’une rencontre ne dépend pas de la suite de l’histoire, mais bien de l’ouragan qu’elle enclenche. Elle est une aventure par laquelle on sort de nous-même pour y revenir agrandi ou troublé, en tout cas transformé. Pour poursuivre la conversation, retrouvez mon dernier podcast sur le sujet en tapant « Philosophy Is Sexy » sur n’importe quelle plateforme de diffusion. C’est aussi l’objet de mon joli échange d’hier avec Flavie Flament dans @oefpse. Je vous souhaite une journée où les rencontres vous font accéder à des territoires que vous ne soupçonniez pas

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