• Marie Robert

Ceci est une incitation.


Carpe Diem. Combien de fois fut répétée, détournée, malmenée cette délicate injonction philosophique ? Dans des films, sur des t-shirts, et même des cendriers, autant de symboles d’une culture dérivée, le Carpe Diem, est devenu l’adage d’une société hédoniste en quête de son bon plaisir, et qu’importe que celui-ci soit égoïste. Mais est-ce tout à fait l’idée contenue dansces mots ? N’est-il pas temps de reprendre la parole d’Horace ? Car à travers cette incitation à cueillir le jour, qu’il offrait à une jeune femme, le poète latin nous engage, non pas à profiter confusément de ce qui nous entoure, mais plutôt à prendre conscience que notre lendemain est incertain. Dès lors, l’enjeu est de savourer l’existence, en choisissant la plus haute sagesse, celle qui nous éloigne des plaisirs futiles, et qui se concentre sur des vertus cardinales : la prudence, la tempérance, la justice et la force. Quatre piliers pour affronter cette vie, qui chaque jour se perd, l’honorer d’une rigueur dont la profondeur n’a rien d’austère. Plus mélancolique que frivole, cueillir le jour, c’est donc vivre dans l’action et dans l’amplitude. Libéré de la crainte de la mort, de la tyrannie des dieux, de la souffrance du corps et de tout ce qui pourrait troubler vainement notre âme. Et si les épicuriens ont repris ce précieux vers, c’est bien pour permettre à leurs adeptes de se rappeler que chaque fragment de lumière est à considérer avec présence et sérénité. « Tu ne sais quelle fin les dieux t’ont assignée, Ni à moi ; l’avenir nous est inconnaissable ; Nul astre ne le dit. Mieux vaut supporter tout, Quoi qu’il arrive, hivers innombrables ou bien celui-ci seulement, peut-être le dernier. Filtre plutôt tes vins ; notre vie est trop brève pour de trop longs espoirs. Nous parlons, le temps fuit : Cueille ce jour, n’attends pas trop du lendemain ». Je vous souhaite de célébrer chaque éclat de votre journée.

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