• Marie Robert

Ceci est une formation continue



Parmi les choses les plus curieuses que j’ai eu à faire en plongeant dans la vie entrepreneuriale et la création d’école, c’est bien de guider une équipe. Recruter, accompagner, prendre soin, faire évoluer, protéger, transmettre sa vision, endiguer les doutes, cadrer les errances, anticiper les tensions...etc. Passer du monde clos de l’écriture, de la pensée, de l’introspection à l’univers infini et infiniment compliqué du groupe. Être responsable d’une vision et d’un environnement de travail. Peut-être que le terme « manager » regroupe ces variations et ces enjeux, mais pour moi l’expérience se situe autre part que dans une méthode. Je n’ai pas fait d’école de commerce, je n’ai pas suivi de parcours spécialisé, je n’ai appliqué aucun processus d’entretien. J’ai passé ces dernières années à me dire que j’étais sans doute trop émotive, trop métaphysique, trop familière. Que je n’étais pas dans le bal de ceux qui savent, qui ont l’œil aiguisé du recruteur et la certitude chevillée à l’âme lors des entretiens annuels. Pourtant, j’ai toujours eu la certitude que malgré mon incapacité à appliquer un protocole, j’avais une infinie fierté à l’égard de ceux qui travaillent avec moi. Que mon seul critère était sans doute mon admiration à leur égard, ma tendresse profonde envers ce qu’ils sont, et ma confiance en le fait qu’ils tentent de donner le meilleur. Je les aime en tant qu’individu. Ce n’est pas toujours simple, pas toujours fluide, mais il y a une beauté de l’autre qui m’émeut. Hier, en voyant mon équipe, notre équipe, je me suis dit que nous avions réussi à apprendre nos grammaires intimes. Je ne manage pas. Mais nous coopérons. La puissance qui s’en dégage est si forte que nous sommes prêts, je crois, à affronter l’univers infini.

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